Pour info, je me suis renseigné d'abord dans un ouvrage encyclopédique de ma bibliothèque, non sur Internet, et je n'y avais pas vu de référence à l'Empire Ottoman, ni sur des scientifiques turcs. Voilà tout.
J'ai mis le lien de Wikipédia pour que chacun sur le forum puisse vérifier par lui même : Wikipédia a ses limites, je le sais, mais les articles y sont courts et clairs.
Pour en revenir au débat :
Au sommet d'Helsinki de 1999, la Turquie s'est vue reconnaître le statut de candidate potentielle, y compris avec sa partie asiatique au-delà du Bosphore. Elle est en union douanière depuis 1995 avec l'UE. Alors qu'elle s'est déclarée depuis 1963 intéressée par l'adhésion à la communauté européenne, la candidature de la Turquie semble provoquer ces derniers temps un regain de protestations à la fois pour des raisons géographiques, culturelles, religieuses, économiques, politiques et démographiques.
Confirmé le 17 décembre 2004, un cycle de négociations a été entamé le 3 octobre 2005 en vue d'une entrée à une date non définie. Son adhésion nécessite néanmoins de sa part un respect des règles en vigueur en Union européenne (
cela, tout le monde en convient) ; cela n'était pas le cas en 2004, sur les points suivants : discriminations religieuses (financement généralisé des imams contre l'interdiction de fait pour les greco-orthodoxes de rouvrir des institutions pour former leurs religieux) ; discriminations sexuelles (acceptation par les autorités turques des célébrations de mariages polygames par des imams payés par l'Etat) ; discriminations ethniques (kurdes et arméniens surtout, tandis que la législation récente de l'enseignement en kurde semble une opération d'ampleur fort limitée) ; attitude brutale et contraire aux règles de droit international envers ses deux petits voisins (à savoir Chypre, non reconnue et dont la moitié de l'île est occupée illégalement, et l'Arménie, frappée d'une fermeture de sa frontière et qui revendique toujours la reconnaissance par Ankara du génocide arménien de 1915-1917).
Nous sommes absolument d'accord que ces problèmes existent, qu'ils sont graves et doivent être combattues (dans le cadre de négociations, ou non d'ailleurs).
Cependant, les réformes démocratiques (abolition de la peine de mort, liberté d'expression et d'association ...) du 3 octobre 2002, le refus du premier ministre Recep Tayyip Erdogan de soutenir l'intervention américaine en Iraq en 2003, le récent rapprochement d'Ankara auprès de l'Arménie (septembre 2005 : premier forum de débat sur le génocide arménien) et de la République de Chypre (approbation du plan de paix proposé par l'ONU en avril 2004 et relance du processus de paix en janvier 2006), la bonne santé de l'économie turque (croissance élevée à 9,9% en 2004, inflation basse à moins de 10%, adoption en 2005 d'une nouvelle monnaie beaucoup plus forte, investissements étrangers nombreux, et cela malgré une grave crise économique en 2001-2002) félicitée par le FMI en avril 2005, et la récente démocratisation des institutions turques (disparition progressive du pouvoir prépondérant des militaires dans les institutions politiques, essai réussi de la démocratie musulmane depuis 2002 par le parti AKP des islamistes modérés, adoption en 2005 d’un nouveau code pénal accordant plus de libertés individuelles et plus conforme aux exigences européennes ...) semblent présenter d'assez bonnes perspectives pour la Turquie de commencer les négociations d'adhésion dans une position favorable à son entrée à terme dans l'UE.
P.S. : Je ne relance pas le débat que pour Erpart bien sûr, tout le monde est invité à débattre.
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"Aie le courage de penser de ton propre entendement, voilà la devise des Lumières", Kant.